L'association «Mieux vivre à Saint-Émilion » a lancé la polémique
L'association «Mieux vivre à Saint-Émilion » a lancé la polémique. La mairie aurait le souhait de préempter des jardins en vue et de faire des parkings. Points de vue. Article du Resistant du 4 septembre 2008.
Par Frédéric VILLE.
Tout a commencé par une visite en mairie d'un habitant venu demander l'autorisation de faire des travaux dans un jardin de la rue des Jurats. Bernard Lauret, le maire lui répond que le secteur figure comme empla¬cement réservé et qu'il pourrait être destiné à un parking. Il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres. L'association « Mieux vivre à Saint-Emilion lance alors il y a deux mois une pétition pour préserver les jardins de la petite cité dont voici les termes : « Nos jardins contribuent à l'équilibre du paysage de notre cité harmonieusement intégrés au patrimoine architectural. Ils témoignent d'habitudes de vie très anciennes et représentent des espaces de liberté, de convivialité et de bonheur. Ne les sacrifions pas pour en faire des parkings.
Le maire semble passablement excédé. Il explique que dans le cadre du Plan de Sauvegarde ont été définis, des emplacements réservés, c'est-à-dire que « la commune aura un droit de préemption uniquement dans le cadre de mutations ». Ces emplacements ont vocation de services publics, espaces libres publics et installations d'intérêt général. Il s'agit des douves autour de la cité dont certaines pourraient être utilisées pour faire du stationnement pour les visiteurs. Mais ce sont plus précisément deux ensembles totalisant 700 m' qui posent problème : l'un situé rue des Jurats et l'autre à l'angle des rues Vergnaud et de la Tou¬relle, constitués actuellement par des < chaumes et un beau jardin il est vrai » selon le maire. « Ces terrains ne sont pas attenants à des maisons. Par ailleurs, on ne touche ni aux espaces boisés ni aux autres jardins qui représentent une surface importante du Plan de Sauvegarde », précise Bernard Lauret. « Il n'y a actuellement aucun terrain acquis. La mairie pense toutefois à l'implantation d'un parking réservé aux riverains.
L’enquête permettra de recueillir les observations.
La plupart des jardins sont conservés dans le Plan de Sauvegarde.
Yves Nouvel, président de « Mieux vivre à Saint Emilion » n'est pas de cet avis : Nous ne voulons pas être mis au pied du mur, c'est pourquoi nous lançons dès maintenant le débat.
Où peut-on implanter des parkings..?
Quiconque est venu à St Emilion pendant l'été peut tout à fait imaginer les problèmes de stationnement. Mais il ne s'agit que des mois de juillet et août. Et encore, le matin et le soir, c'est sans problèmes. Si la mairie veut des places de parking pour les rive¬rains, elle n'a qu'à en réserver dans la rue Guadet », indique Yves Nouvel. « Non, rétorque le maire, où se stationneront les riverains pour faire leurs courses ?» Le secteur du Clos des Cordeliers ? « Ce n'est pas possible non plus, le sous-sol est dangereux. De plus, si la mairie est propriétaire du terrain, il y a un locataire qui fait du crémant, ajoute-t-il. Décidément, le dialogue semble coupé entre la mairie et l'association qui ne se sont pas rencontrées. Yves Nouvel ne projette d'ailleurs pas pour l'instant de remettre la pétition en mairie.
Derrière de simples parkings, il y en fait le problème de la forte diminution de la population de St Emilion : 3323 en 1975 contre 2460 en 2007. « Qu'est ce qui empêche aujourd'hui les gens de venir s'installer à St Emilion ? Il y a des gens qui s'installent, comme ces Anglais, pourtant il n'y aucune place de stationnement devant chez eux. Non, ce sont les départs à la ville comme dans toutes les campagnes Le développement touristique – les maisons ont été remplacées par des commerces – et extra-muros, c'est la mécanisation de la viticulture, le recours à des sociétés de prestation vitivinicoles extérieures au détriment de salariés locaux, qui expliquent la baisse de la population. » Le maire explique quant à lui qu'il a une liste de locataires qui souhaitent s'établir à St Emilion et qu'il veut se donner toutes les chances de les accueillir : parkings, commerces de bouche, logements...
Le Plan de Sauvegarde prévoit en outre pour les nouveaux commerces l'obligation de garder ou créer une porte pour accéder aux étages, de telle sorte que les étages des commerces ne restent pas vacants.