La commune a perdu un tiers de ses habitants en trente ans

Le village de Saint-Émilion est confronté a un réel problème démographique. En effet, le nombre d'habitants chute de façon vertigineuse. Un comble pour un site classé au patrimoine mondial de l'Unesco et capitale étoilée sur la carte mondiale des plus beaux vignobles.
Cette problématique peut surprendre les milliers d'estivants qui se bousculent chaque jour dans les ruelles. Cependant, celle-ci est confirmée parles chiffres.« En 1971, Saint-Émilion comptait 3 300 habitants. Aujourd'hui, elle en compte 2 300. La commune a perdu un tiers de ses habitants en trente ans », note Bernard Lauret, le maire. « Si rien n'est fait pour mettre un terme à cette hémorragie, le village pourrait ainsi glisser sous la barre des 2 000 habitants dans moins de cinq ans. Avec toutes les conséquences qui vont avec: aides, subventions et financements revus à la baisse notamment »
Village écrin. Les raisons de cette chute ? L'impossibilité de créer des Lotissements, le village ne pouvant pas s'étendre au milieu de vignes indéracinables. Le passage inévitable aussi de« village comme les autres »i« village écrin ». On ne vit plus ici, on fait du tourisme. Comme en témoignent les enseignes.
Il y a trente ans, Saint-Émilion comptait huit épiceries, trois boucheries, deux charcuteries, trois boulangeries, une mercerie, un marchand de chaussures, deux forges de maréchal-ferrant, trois ferronniers, deux pharmacies, trois restaurants, deux hôtels et... un marchand de vins. Aujourd'hui, il y a seulement un épicier, un boucher et un boulanger pour se fournir en aliments. Par contre, il y a quatre hôtels, dix-neuf restaurants et quelque quatre-vingts boutiques proposant du vin et des souvenirs !
« Le village n'échappe pas aussi au phénomène de la grande distribution », reconnaît Yves Nouvel, de Mieux vivre en Saint-Émilion. Mais selon lui, « il est tout de même dommage que l'on n'ait pas mieux maîtrisé le départ des commerçants de proximité et géré les espaces libérés. Car aujourd’hui, tous les pas-de-porte sont occupés et il n'y a plus un local disponible pour en créer de nouveaux. » : J.-P. V.



Bernard Lauret redoute de glisser sous la barre des 2 000 habitants

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