La Grogne monte dans les Jardins de Saint-Emilion
Les jardins font partie de l'histoire de Saint-Emilion. Comme les vieilles
pierres, ils sont le cachet de la cité ! » Jean Royer, 75 ans, pose devant son carré potager, l'un des derniers vestiges des jardins vivriers. Des carrés de verdure dont une partie pourrait être
rasée pour laisser place à des parkings. Il a donc signé la pétition qui circule pour « empêcher cette hérésie ».
Jean fait partie des anciens de cette commune classée avec les vignes alentour au Patrimoine de l'Unesco en décembre 1999.
Un point de passage de nombreux touristes l'été dans une ville à la population déclinante le reste de l'année ; 146 habitants seulement
La mairie se défend Encerclée par un vignoble intouchable, Saint-Emilion a peu d'espace pour se développer. C'est donc après avis d'experts qui
ont débusqué les zones utilisables que la mairie a lancé l'idée de construire des parkings. De quoi faire bondir Yves Nouvel, président de
l'association Vivre mieux en Saint Emilion :
« Ces jardins sont au coeur du site protégé. La municipalité veut faire jouer son droit de préemption pour les raser: Le maire croit que les gens veulent voir des voitures à la place des arbres.
Cela n'attirera pas d'habitants !
Autrefois, il y avait un centre-ville avec des commerces de proximité ; il reste des boutiques pour touristes au-dessus desquelles il est impossible d'habiter. »
Directrice générale des services de la municipalité Jeany Fischer rappelle que les propriétaires préferent « louer un local 1 500 € le mois à un empalement plutôt qu'à des familles ». Mais
la mairie défend ces nouveaux parkings destinés à la population locale ». Président de la Société d'histoire et d'archéologie, Guy Petrus Lignac rappelle que les jardins font partie
d'un ensemble classé. (UNESCO) Prochain round : l'enquête publique qui se déroulera à l'automne.
Article de presse du Lundi 25 aout 2008 AJOURD'HUI EN FRANCE Auteur Eric MOREAU.