Jardins oui, parkings non !

Publié le par Mieux vivre saint-emilion

SAINT-ÉMILION. Une polémique éclate entre la municipalité, qui suggère de transformer des jardins potagers en parkings, et des habitants qui dénoncent la destruction d'une partie du patrimoine classé.

Une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco n'apporte pas que du plaisir. Bordeaux en fait la douloureuse expérience avec ses ponts (Pertuis, passerelle Saint-Jean, futur pont levant), et voilà que Saint-Émilion se trouve à son tour dans la tourmente. Certes, dans des proportions moindres. Mais au niveau local, l'effet est identique. On ne parle que du sujet au milieu des vignes et une pétition commence à circuler.
Le problème ?1Les conséquences éventuelles du plan de sauvegarde et de mise en valeur du site classé (PSVM). Un sujet évoqué à maintes reprises depuis plus de vingt ans ! Et après bien des tours et détours, il vient d'être bouclé au niveau national et sera soumis à enquête publique à l'automne.
1 Des espaces datant du Moyen-âge menacés Ce n'est pas le plan lui-même qui fait débat, puisqu'il est nécessaire, mais plutôt ce à quoi il pourrait conduire. Car un tel schéma a pour objectif de mieux gérer le site, en édictant des règles strictes. Les experts ont donc étudié le site à la loupe, recensé les pièces du trésor indétrônables, délimité les zones encore constructibles et repéré des terrains qui pourraient être utilisés. Comme a des emplacements réservés pour les services publics, les espaces libres publics ou les installations d'intérêt général ». Sous entendu, ici, des terrains que la commune pourrait éventuellement acheter pour compléter ses infrastructures.
C'est là que ça coince ,  précise Yves Nouvel, président de l'association Mieux vivre en Saint-Émilion, en montrant le plan du village. Il dénonce les prévisions : ‘ Regardez ! Les terrains délimités sont de beaux petits jardins datant du Moyen-âge. Ils ont toujours existé et sont au cœur du site protégé. Les faire disparaître serait donc détruire une partie du patrimoine. Or la mairie se propose de les acheter en faisant valoir son droit de préemption. Pire, elle veut les transformer en parkings. »

2 Le plan sera soumis à enquête publique Quatre terrains sont effectivement délimités sur le plan. Dont trois rue des Jurats, qui affichent une superficie totale d'environ 700 m². Il s'agit de potagers plus ou moins abandonnés avec, dans l'axe, de l'autre côté de la ruelle, des maisons' à vendre.
Bernard Lauret, maire de Saint-Émilion, ne nie pas que
ces terrains sont retenus sur le plan de sauvegarde. Il s'empresse toutefois d'indiquer : ‘ Les gens parlent sans savoir. Mais rien n'est fait ! Le plan n'est pas encore arrêté. Il va être soumis à enquête publique cet automne. Les habitants auront alors tout le loisir de donner leur avis et le commissaire enquêteur en tirera ses conclusions. »
Le premier magistrat reconnaît toutefois que ces jardins seraient bienvenus pour créer des places de parking, indispensables selon lui pour faire revenir des habitants au cœur du village (lire ci-dessous). Ce qu'il a d'ailleurs écrit à Yves Nouvel : Notre volonté est de retrouver des familles qui apporteront une vie réelle à nos vieilles pierres et nous aideront à entretenir ce patrimoine auquel nous sommes nombreux à être attachés. »
3 Comment attirer de nouveaux habitants ? « À hauteur de ces jardins, il y a des maisons à vendre. Si nous ne créons pas de parkings, personne ne viendra y habiter », lance le maire. Un argument que rejette totalement Yves Nouvel : Il ra des places de stationnement à 50 mètres des maisons, dans la rue parallèle. Il suffit de les réserver aux riverains. Les candidats acheteurs n'y verront aucun inconvénient. Au contraire, ils seront contents de conserver un jardin devant leurs portes. Un vrai "plus" pour les convaincre de choisir cet endroit Qui ne rêve pas d'avoir un peu de verdure pour prendre l'air et manger dehors ? »
Pour Yves Nouvel, le manque cruel de parkings avancé par le maire est un faux problème. Venez le soir et hors saison, on peut se garer partout, au plus près de chez soi. Et puis, s'il manque vraiment des places de stationnement, la mairie n'a qu'à aménager les douves du clos de Cordeliers. »
' Ça fait bien partie de nos intentions », rétorque le maire. Mais le site est fragile. Pour le sécuriser, il faudrait engager d'importants travaux. Et, pour l'instant, les bâtiments de France s'opposent à l'utilisation de cet endroit. »

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N
St Emilion ville de patrimoine, mais le patrimoine ne s'arrête pas au bâti. Ces jardins potager reflètent un autre patrimoine: le patrimoine social: témoin d'un usage d'un mode de vie des habitants.<br /> Ces lieux, entre autres, au parcellaire bien particulier, mettent en valeur le patrimoine architectural reconnu par tous de cette cité, en l'animant et en lui donnant plus de vie qu'une simple ville musée.
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J
Protégeons les jardins de Saint Emilion, trop de bitume ou béton dans un village aussi magnifique quel dommage. Je suis acteur économique dans le village et pour la sauvegarde de nos jardins, nous pouvons garer nos voitures a la périphérie du village. Nous devons pour l'avenir laisser une trace de nature surtout dans un monde de plus en plus écologique.
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P
Du béton et du goudron dans ces pauvres petits jardins de notre belle cité.<br /> Quelle honte! Quelle tristesse! - tout cela pour satisfaire au flux des touristes et de leurs "bagnoles" ! Arrière, gaz carbonique et parc mètre vengeur au coeur de pierre !.<br /> Saint-Emilionnais debout pour votre liberté en disant non à ce projet irresponsable et insensé !.<br /> Comme Voltaire dans Candide, sachons cultiver notre jardin afin que ce siècle ne devienne pas le siècle des ténèbres.
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E
"la nature nous a donne une langue et deux oreilles,afin que nous écoutions le double de ce que nous disons"<br /> laissons a Saint Emilion cette verite car marié a son patrimoine,elle est splendeur du vrai.
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G
J'ai grandi au travers de mes vacances et visites de famille dans ce village de St Emilion. Il est évident que la course au profit qui consiste à tout exploiter, à tout vendre ont clairement déshumanisé ce joyaux plein d'histoire. Si les gens n'ont plus souhaité vivre dans ces lieux c'est parce qu'ils ne supportaient plus cela, d'autant plus lorsque on a connu cette ville si vivante auparavant. Le classement à l'UNESCO a certainement déjà empêché que s'étende l'hémorragie en de nombreux points. Les personnes qui peuvent repeupler la cité ne sont pas des gens qui cherchent ce qu'ils peuvent trouver dans les villes mais justement ce charme éternel qu'elle pourrait garder avec sa quiétude et surtout une exploitation touristique plus verte, plus intelligente. De grâce ne continuez pas vers ces solutions de courte vue, faciles, immédiates mais finalement de faible impact. Soyez visionnaires et encouragez la formation d'une communauté soudée qui cultive ses légumes et partage plutôt que de se refugier dans son individualisme; redonnez à ce village un visage attractif pour des gens qui le désireront vraiment!
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