L'enquête publique sur le Plan de Sauvegarde et de mise en valeur du secteur Sauvegardé
de Saint-Émilion est en cours. L'association « Mieux vivre à Saint-Émilion » encourage les habitants de la commune à s'exprimer. Pour qu'un petit jardin, qui ne sent pas le métropolitain ni la chaussée d'Antin, ne devienne pas un parking...
Journal le Résistant du 22 janvier 2009
Béatrice FERRER

Du premier étage de l'immeuble ancien qui domine la cité médiévale, Yves Nouvel contemple l'image de carte postale qui s'offre à l'ceil du photographe. « Pour comprendre les choses il faut prendre de la hauteur » explique le président de « Mieux vivre à Saint-Émilion ». Cette association se bat depuis plusieurs mois contre l'inscription de quatre parcelles de jardin attenantes en espace pouvant être préempté par la mairie en vue de réaliser des parkings. « Les Saint-Émilionnais sont attachés à ces espaces de verdure, il faut les préserver. En détruisant celui-ci on ne créerait pas plus d'une dizaine de places de stationnement », souligne Yves Nouvel qui ne voit pas l'intérêt de transformer les sites pressentis pour des parkings en zone constructible et les jardins existants en places de stationnement. « D'autant que de nombreux immeubles sont vides ou pas entretenus. Avant de construire dans le secteur sauvegardé, il faudrait réhabiliter l'existant ». Le bourg a perdu les deux tiers de sa population certes, mais ce n'est pas à cause du manque de stationnement, pour lequel le problème se pose uniquement en été, il y a 150 habitants dans la cité, et 350 personnes qui viennent travailler chaque matin et qui repartent le soir ».
Selon lui les places existantes suffisent amplement. Il y a un brin de nostalgie dans ce combat. « Quand je regarde depuis le haut, le cœur de bourg, il est comme dans mon enfance, rien n'a changé. Si vous circulez à pied vous verrez que les commerces ont changé de destination, les boutiques de vins ont remplacé les commerces traditionnels, c'est une mutation normale, mais le soeur de la cité n'a pas été construit pour les voitures, pas plus pour la circulation que pour le stationnement ». Pour lui « ces jardins sont les derniers espaces de liberté : avant de devenir des places de stationnement, il y avait des jardins en bas, les familles de la basse ville se retrouvaient avec les enfants autour de cet espace convivial ».
La Nuit du patrimoine dans les jardins

Dès l'été dernier, l'association avait alerté la presse, et fédéré de nouvelles adhésions autour de ce combat. Le point d'orgue de ces actions, une participation « off » à la nuit du patrimoine. Ce soir-là, une bonne soixantaine de personnes pique= piquaient dans les jardins, fraîchement nettoyés, au son d'un orchestre. Tout le monde avait un tee-shirt «j'aime .Saint-Émilion, j'aime ses jardins». Des marques de soutien sont arrivées d'un peu partout comme ce mail d'une touriste qui encourage l'association dans sa démarche: « les villages de cette beauté sont rares, il ne faut pas les massacrer... ce village dont la beauté est sidérante, équilibrée, harmonieuse, envoûtante, sublime, rare ». Cette admiratrice évoque le « lobbying de la sacro-sainte-bagnole » dans un courriel lyrique et enflammé.
En attendant, une pétition court et désormais, Yves Nouvel encourage les Saint-Émilionnais à profiter de l'occasion qui leur est donnée de s'exprimer dans le cadre de l'enquête publique.